Biographie

BIOGRAPHIE

Créteil, c’est dans cette ville de la banlieue sud que j’ai fait mon apprentissage de la vie. Rêveur et débrouillard à la fois, je slalomais entre l’école et les différents quartiers que je connaissais par cœur. Après l’obtention d’un bac Littéraire suivi d’un an de fac de psycho, j’ai subitement lâché les études. Je prenais goût à la rue, j’étais comme happé par elle. J’aurais pu y laisser des plumes, mais lassé de voir le temps filer sous mes semelles et bousculé par des parents qui ne badinaient pas, j’ai vite décidé de me reprendre en main.

 

A 21 ans, je rentrais dans le monde de l’animation et m’orientais rapidement vers la branche de métiers des travailleurs sociaux. Le 31 juillet 2017, après 15 années passées dans un centre social à accompagner avec passion les personnes qui le souhaitaient, mon boulot disparaissait en même temps que la cité et le centre social, tous deux entièrement démolis.

La photo m’avait pris aux tripes cinq ans plus tôt, et je terminais le deuxième chapitre de mon reportage photographique intitulé « la vie des blocs ».

 

« LA VIE DES BLOCS » : Un travail d’immersion photographique qui a donné lieu à trois reportages (« En bas des blocs », « Un été à la cité », et « A l’ombre des tours ») dédiés à la mémoire des habitants issus des quartiers populaires.

 

Dès 2012, date à laquelle j’ai su que la cité des sablières allait être entièrement démolie, je me suis attelé à prendre en photo les habitants dans leur quotidien. Ces clichés, pris sur le vif, témoignent le plus objectivement possible de la vie telle qu’elle s’y déroulait de l’intérieur. Ici, comme à Échat, quartier situé lui aussi à Créteil, mon but était de transmettre la force et la beauté des êtres.

 

La photographie sociale et humaniste comme arme

 Entre joie et tristesse, dureté et tendresse : Des moments de vie immortalisés sans concession.

Témoin et relais d’émotions souvent sans filtre qui transpercent une partie de cette jeunesse oubliée, mon regard et mon militantisme combattent les représentations fantasmées. C’est comme cela que j’en tire des séries de photos où les enfants et les jeunes adultes, ont une place prépondérante.

Conscient que la banlieue change, car le « Grand Paris Express » fait naître de nouveaux enjeux économiques, « LA VIE DES BLOCS » est un travail de mémoire photographique afin que l’oublie ne devienne pas une excuse systématique. Les blocs explosent, les coups de pelleteuses grignotent les barres d’immeubles HLM et balaient les souvenirs d’habitants pour laisser place à des nouveaux logements surement mieux mais plus chers.

 

Une question se pose alors légitimement : Le Grand Paris est-il l’exil forcé des plus pauvres toujours plus loin ?

 

En parallèle de ce travail photographique, j’organise depuis 2012 des maraudes pendant lesquelles je distribue de la nourriture, des vêtements et des kits hygiéniques à celles et ceux que je nomme « le peule de la rue ». C’est notamment durant ces moments, et toujours après qu’ils m’aient donné leur consentement, que je dresse un portrait d’eux dans leur quotidien.

C’est notamment grâce aux photos qui les représente et que je vends, qu’il m’est possible de me procurer différents produits que leur distribue. En effet, j’utilise systématiquement 50% du prix de chacune de ces photos vendues afin d’acheter des denrées alimentaires, des kits hygiéniques, des vêtements….

 

Depuis Septembre 2019, Je fais également un reportage photographique sur la vie de migrants et de réfugiés qui sont hébergés dans un hôtel réquisitionné par l’État.